Notre métier: Cacaoculteur, Faiseur de chocolat
Depuis des années, on nous demande :
“Alors… vous êtes chocolatiers, ou bien ?”
Et pendant longtemps, nous répondions par facilité : oui, quelque part… chocolatier bean‑to‑bar, voire tree‑to‑bar.
Mais au fond, ces mots anglophones ne parlent pas à tout le monde.
Ils ne disent rien de nos arbres, de nos sols, de nos mains plongées dans la terre rouge du Cameroun.
Ils ne disent rien de nos fermentations, de nos séchages au soleil.
Ils ne disent rien de notre métier.
Alors nous avons cherché.
Nous avons fouillé l’histoire des mots, l’histoire du chocolat, l’histoire des métiers.
Et nous avons trouvé notre dénomination en français.
Deux termes simples.
Deux termes justes.
Deux termes qui racontent enfin ce que nous faisons réellement.
Cacaoculteur
Un mot moderne, apparu en français au XXᵉ siècle, lorsque les études agricoles ont commencé à décrire les filières cacao.
Il n’existait pas avant, tout simplement parce que la France n’était pas un pays producteur de cacao.
Formé de cacao + ‑culteur (cultor en latin), il signifie :
Faiseur
Un mot ancien, médiéval.
Issu du verbe faire — facere en latin — il désigne celui qui crée réellement, celui qui fabrique depuis l’origine, et non celui qui transforme une matière déjà prête.
Le mot chocolatier apparaît au XVIIIᵉ siècle.
Il désigne d’abord un vendeur ou préparateur de boisson chocolatée, puis un artisan qui travaille le chocolat déjà fabriqué : bonbons, moulages, tablettes, ganaches…
Il le transforme.
C’est un métier noble, essentiel, magnifique.
Mais ce n’est pas le nôtre.
Pendant des siècles, le cacao arrivait en France par l’Espagne, par Bayonne, par les marchands.
Les planteurs étaient ailleurs.
Les industriels fabriquaient la pâte de cacao avec le sucre.
Les chocolatiers la travaillaient.
Ce métier n’avait pas de nom.
Alors nous lui en donnons deux.
Nous cultivons notre cacao.
Nous maîtrisons la fermentation, le séchage, la torréfaction, le broyage, le conchage.
Nous fabriquons notre chocolat nous‑mêmes, du cacaoyer jusqu’à la tablette.
Nous ne travaillons pas le chocolat.
Nous le faisons.
Et c’est pour cela que ces mots s’imposent :
Cacaoculteur. Faiseur de chocolat.
Des mots qui racontent notre histoire.
Des mots qui racontent notre métier.
Des mots qui racontent notre engagement